Ripper ses CD avec Linux : théorie, pratique et exemples concrets
1. Introduction , jargon et petit cours d'histoire :
Le CD (disque compact dans la langue de Molière ) désigne une galette de plastique mise au point par Philips et Sony dans les années 80 .
L'objet en lui-même est "simplement" composé d'une couche de polycarbonate et d'une couche de laque emprisonnant une couche d'aluminium (ou plus rarement d'or) dans le cas des CD pressés.
Techniquement, ce disque sert de support à une piste audio, encodée en stéréo au format PCM sur 16 bits et échantillonnée à 44.1 Khz
Un fichier dans tous les systèmes d'exploitations modernes (y compris celui auquel vous pensez en souriant, c'est dire l'universalité de la chose) est l'élément de base du stockage d'informations.
Il contient une suite continue d'informations et est généralement contenu dans un dossier (ou répertoire) lui même contenu sur un support de stockage (disque dur, CD-ROM, clef USB, baladeur numérique, etc...).
On reconnaît *généralement* le contenu d'un fichier à son extension (mp3, ogg, txt, mpg...).
Il s'agit du procédé qui va nous permettre de représenter informatiquement (sous forme de 0 et de 1) une information donnée (dans notre cas, de la musique) et optionnelle ment de la compresser afin qu'elle ne prenne inutilement trop de place (paramètre important dans le cas d'un baladeur numérique par exemple).
Dans le monde audio l'algorithme le plus connu et le plus controversé est sans aucun doute le mp3, mais il en existe d'autres comme nous le verrons plus bas: Vorbis, AAC ou encore PCM (tient, ça nous rappelle quelque chose, PCM...)
Souvent confondu avec l'algorithme de compression voir occulté, le conteneur n'en est pas moins aussi indispensable que ce dernier.
Par analogie on peut comparer l'algorithme à un calcul à la main et le conteneur à la feuille de papier quadrillée sur laquelle le calcul s'effectue.
Wav
Diminutif de wave (onde), le .wav est le standard de fait en ce qui concerne les données audio non compressées sous MS Windows et sous GNU/Linux.
Contrairement à ce que les profanes ont tendance à croire le format .wav ne désigne pas un algorithme mais un conteneur, un fichier .wav peut tout à fait contenir un flux compressé comme du mp3 ou de l'aac si le besoin s'en fait ressentir.
Son usage typique est toutefois d'abriter des données encodées en PCM, ce qui va s'avérer bien utile pour la suite de notre article.
Le standard mp3 fut finalisé en 1995 par l'institut Fraunhofer et Thomson.
Ce format, issu d'un programme de recherche financé par l'union européenne introduit à l'époque un certain nombre de nouveautés :
- Filtrage des ultra-sons et des infra-sons : en ne conservant que les fréquences appartenant au spectre auditif humain (les fréquences comprises entre 16 Hz et 20 KHz pour un individu moyen) ce procédé élimine bon nombre d'informations inutiles, puisque non-perçues et permet de réduire drastiquement la taille du fichier final.
- Masque psycho-acoustique : l'oreille humaine à la capacité de différencier différents sons mélangés entre eux. Cependant le chant d'un oiseau qui gazouille à coté d'un semi-remorque n'a aucune chance d'être entendu par un être humain, supprimer cette information contribue également à la réduction du fichier final
- Méta-données : contrairement à l'antédiluvien format wav, le mp3 permet de stocker des informations annexes dans un fichier, comme le titre de la chanson, le nom de l'album, le genre musical du morceau, etc...
Ces données autorisent une bien meilleure organisation et un classement aisé des fichiers audios.
Au final le mp3 s'avère un excellent moyen de stocker sa musique tout en ayant conscience que la technologie utilisée est une compression avec pertes, le résultat après traitement n'est plus strictement identique au fichier initial, contrairement par exemple au wav/pcm ou à l'ogg FLAC dont nous parlerons plus bas.
La perception de la détérioration du morceau dépend bien évidemment de plusieurs facteurs, l'installation sonore, le type de musique, les capacités auditives de l'utilisateur et encore le bitrate et le codec utilisé pour créer le fichier.
Il est généralement admis que pour un mélomane moyen (qui sans être ingénieur du son ou chef d'orchestre possède un minimum l'"oreille musicale" ) sur une installation sonore standard la différence entre CD et mp3 devient imperceptible après 192 Kbits/s .
Ses caractéristique ont fait du mp3 un format incontournable dans le monde de la musique numérique tout OS confondus mais ce dernier ne présente pas que des avantages, il n'est pas libre de droit, et sa technologie qui vient d'atteindre l'age respectable de 10 ans commence à se faire bousculer par les nouvelles avancées en matière d'acoustique et ne semble pas pouvoir satisfaire les standards actuels en matière de sonorisation en restant bloquée sur la vieillissante stéréo.
Ce format est né du mécontentement de la communauté du logiciel libre vis-à-vis de la licence et des brevets qui entravent la liberté du mp3.
La fondation xiphophorus à donc entamé l'écriture intégrale d'un format de compression audio avec pertes avec un tête la volonté de laisser ce dernier libre de droit et exempt de technologies brevetées.
Ces fichiers se composent du conteneur multimédia OGG abritant une flux audio au format Vorbis ainsi que des données textes renseignant sur le titre du morceau, l'auteur etc...
Il est à noter que le conteneur OGG peut contenir autre chose que du Vorbis, il est notamment utilisé avec Theora, un format de compression vidéo, équivalent libre du Mpeg-4 et du Divx.
On admet généralement sur les forums spécialisés que l'OGG/Vorbis est d'une qualité égale voir supérieure au mp3 à débit égal, ce qui signifie que vous avez le choix soit d'avoir une qualité équivalente pour un encombrement moindre, ou une qualité supérieure pour un fichier de même taille.
Outre ce léger avantage au niveau de la performance il est à noter que ce format permet permet nativement d'encoder sur 255 canaux, ce qui le met déjà à porté des installations modernes 5.1, contrairement au mp3 qui ne supporte que 2 canaux au maximum.
L'éventuel seul inconvénient avec l'OGG/Vorbis est pour le moment son peu de présence sur le marché des baladeurs numériques.
Flac
Le format AAC est lui basé sur le standard Mpeg 4 et promu par Apple, qualitativement parlant il se situe, comme lbOGG/Vorbis, un cran au dessus du mp3.
Ses deux principales caractéristiques est de supporter (optionnellement) les DRM mais surtout dbêtre le format de prédilection pour le baladeur iPod.
Un encodeur libre a été développé « from scratch » sous le nom de FAAC.
Flac (Free Lossless Audio Codec, le codec audio libre et sans pertes) est un codec dit « à compression dite non-destructive », "lossless" (par opposition au formats mp3 ou vorbis dits "lossy", destructeurs, avec pertes) ce qui induit qu'un fichier compressé puis décompressé par ses soins restera rigoureusement le même avant après opération.
Il se rapproche en ce sens du duo wav/pcm mais possède sur ce dernier l'avantage non négligeable d'apporter une compression de près de 50% par rapport au fichier d'origine dans la plupart des cas, ce qui en fait la solution idéale pour les ingénieurs du son, les archivistes et les mélomanes à l'oreille la plus pointue.
Speex
Nous finissons notre tour des formats qui seront utilisés dans le cadre de cet article par speex (déformation de l'anglais "speaks", parler) un codec lui aussi issu de la fondation Xiph.org et qui ne se prête pas réellement pas à l'encodage de morceaux musicaux, mais se concentre sur l'encodage de la voix humaine.
Speex est optimisé pour les fréquences utilisées par la voix humaine et se montre redoutable à (très) bas débit.
Ce format trouve sa pleine utilité pour retranscrire des paroles, étudier les langues étrangères ou encore conserver un discours.
Cette fois il ne s'agit pas d'un format, d'un conteneur ou d'un algorithme, le m3u (Mpeg 3 Url) est simplement un fichier texte indexant des fichiers audio, il nous sera utile pour lister le contenu d'un album ou se créer une liste de lecture très simplement.
1/présentation des outils en ligne de commande
Nous allons commencer par étudier l'encodage d'un fichier à l'aide des outils disponibles en ligne de commandes afin de mieux comprendre le travail effectué par les outils graphiques tels que Grip.
Ce processus vous est également détaillé sur la figure 1.
Pour vérifier que ces outils sont bien installés, contentez vous de taper leurs noms dans une console. En cas d'échec, n'oubliez pas qu'apt, yum ou urpmi sont les meilleurs amis du linuxien.
Nous allons commencer par convertir une piste du CD audio se trouvant dans votre lecteur en un fichier lisible par votre ordinateur.
Nous avons vu précédemment qu'un CD audio incluait une piste au format PCM, tout comme la majorité des fichiers .wav, donc nous demanderons à cdparanoïa de copier une piste dans un tel fichier.
[thy@cult-of-noise]$ cdparanoia 1 01_Ammunition.wav
Ripping from sector 0 (track 1 [0:00.00])
to sector 20025 (track 1 [4:27.00])
outputting to 01_Ammunition.wav
(== PROGRESS == [ | 020025 00 ] == :^D * ==)
Done.
Rien de bien compliqué dans cette ligne de commande, nous avons simplement invoqué cdparanoïa en lui demandant de copier la piste 1 de notre CD vers le fichier 01_Ammunition.wav, aucune autre option n'est à spécifier les réglages par défaut fonctionnant à merveille dans notre cas.
Nous voila avec la réplique exacte de la piste audio, mais sur notre disque dur, prête à subir nos mauvais traitements.
Si jamais l'opération échoue à ce stade, vérifier simplement que vous essayez bien d'encoder un CD audio et pas autre chose, qu'il n'est pas endommagé et dernièrement que vous êtes bien dans le groupe "cd rom" (un rapide tour dans les outils de configuration de votre distribution favorite vous permettra de résoudre le problème le cas échéant)
Nous allons ensuite compresser ce fichier, pour le format et la qualité nous n'avons que l'embarras du choix, nous choisirons arbitrairement le mp3 en CBR, 128 kbit/s, pas la peine de créer un chef d'oeuvre simplement pour se faire la main.
La documentation nous indique « lame [options] <infile> <outfile> » et c'est exactement ce que nous allons faire.
(A REFAIRE)
[thy@cult-of-noise ~]$ lame --cbr -b 128 01_Ammunition.wav 01_Ammunition.mp3
Encoding 01_Ammunition.wav to 01_Ammunition.mp3
Encoding as 44.1 kHz 128 kbps j-stereo MPEG-1 Layer III (11x) qval=3
Writing LAME Tag...done
ReplayGain: -7.6dB
explications : notre fichier de 44.9 Mo à subit une cure d'amaigrissement pour arriver à 4.1 Mo.
Mais ouvrez ce fichier dans Xmms ou tout autre lecteur audio, artiste non indiqué, titre inconnu, genre musical indéfini
Nous allons ensuite tagguer notre morceau, en français lui insérer les méta-données utiles à son classement, titre, auteur, année, etc...
[thy@cult-of-noise ~]$ id3tag --artist=Synapscape --album="Positive pop" --song=01_Ammunition --year=2001 --track=01 --total=13 --genre=19 /home/thy/01_Ammunition.mp3
+++ Artist = Synapscape
+++ Album = Positive pop
+++ Song = 01_Ammunition
+++ Year = 2001
+++ Genre = 19
+++ Track = 1
+++ Total = 13
Tagging /home/thy/01_Ammunition.mp3: attempting v1 and v2, tagged v1 and v2
explication : nous voila avec notre fichier final!
Plus petit, correctement renseigné, il est tout simplement ce que nous recherchions, malheureusement répéter l'opération à la main une dizaine de fois à chaque cd acheté risque certainement de tourner au cauchemar.
Maintenant que vous connaissez les différentes étapes pour passer de la piste sur CD au fichier sur votre disque dur pourquoi ne pas utiliser un programme en mode graphique qui vous permettrai de conserver la souplesse des lignes de commandes que vous venez de taper ?
2/Utilisation d'un outil graphique: Grip
1-Présentation de Grip
Grip est un front-end écrit en GTK. Un front-end est un programme qui sous une apparence unifiée et conviviale se propose de manipuler et de combiner entre eux, à votre place, de nombreux programmes en ligne de commande.
Après toutes les palabres dont je vous ai assommé ;-) passons aux choses sérieuses, lançons Grip et insérons notre CD audio.
Nous voilà face à une liste de piste titrées automatiquement si vous disposez d'une connection à internet et que votre CD est référencé sur FreeDB.org.
Dans le cas ou vous ne disposez pas d'une connection à Internet où que votre disque n'est pas ou mal référencé ou, ne paniquez pas! Cliquer juste sur l' icône représentant un stylo pour accéder au menu de l'éditeur de texte.
La ligne découpage nous sera utile si le disque à encoder est une compilation, FreeDB ne normalisant pas les noms de chansons appartenant à une compilation,elles seront selon le cas de la forme « artiste_titre », ou encore « numéro - artiste - titre ».
Le séparateur étant souvent variable d'une compilation à l'autre Grip nous propose de rentrer vous même le séparateur et le découpage du nom afin qu'il puisse déterminer automatique les titres et les noms des artistes nous évitant de rentrer nous même toutes les informations concernant la compilation.
Les icônes représentant un dossier et une enveloppe nous serviront respectivement à sauvegarder en local les données rentrées manuellement et à les envoyer au serveur FreeDB.org.
Une fois ces détails reglés nous n'avons plus qu'à, dans l'onglet "Extraction", cliquer sur "Extraction + codage", prendre un café, et revenir découvrir notre CD audio encodé et déposé sur le disque dur.
Seulement voila, tout les morceaux sont rangés dans le répertoire par défaut, classés et nommés selon les règles par défaut et pire encore encodé avec les réglages par défaut : Mp3, 128 Kbit/s.
Vous vous en doutiez bien, je n'ai certainement pas pris la peine de vous faire un cours sur les différents formats d'encodage et sur l'utilisation de la ligne de commande de rien, donc mettons nos connaissances à contribution afin que Grip réponde désormais à nos attentes.
Tout d'abord vous devez bien comprendre que Grip est à peu près aussi fainéant que nous, il s'est contenté de "demander" à cdparanoïa de copier le cd en .wav, puis il s'est contenté de "demander" à un encodeur quelconque (lame ou oggenc probablement) de compresser ce .wav, et l'as ensuite taggué grâce aux renseignement pris sur internet, ce petit manège a recommencé pour chaque piste jusqu'à ce que la fin du CD soit atteinte.
Nous allons voir comment faire pour que les "demandes" de Grip correspondent plus à nos envie qu'aux choix par défauts.
Commençons par changer les différents répertoires utilisés ainsi que le format du nom des fichiers résultants de l'encodage.
Configuration de l'extraction
Dans l'onglet "configuration" puis "extraction", "extracteur", définissez, si ce n'est déjà fait, cdparanoïa comme extracteur par défaut, aucune des cases présentes n'as besoin d'être cochée.
Repérez ensuite la ligne "format de fichier extrait". La valeur entrée correspond au répertoire et au nom des fichiers .wav résultant de l'extraction du CD.
Nous pouvons y remarquer deux choses étranges à première vue, " ~/ " et des valeurs du type "%A" , " %d ".
~/ correspond à la racine de votre répertoire personnel, /home/xxx/ où xxx est votre nom d'utilisateur, la plupart du temps.
Les lettres précédées du signe % sont en fait des variables, grip remplacera ces dernières par les valeurs correctes au moment de passer les paramètres en argument à cdparanoïa.
Ainsi " ~/wav/%A/%d - %y/%t - %n.wav "
Déposera dans mon répertoire personnel un sous-dossier "wav" lui même contenant un dossier portant le nom de l'artiste (%A) abritant pour chaque album un dossier composé du nom de l'album (%d) et de l'année de sortie (%y). Pour finir chaque chanson comportera le numéro de la piste (%t) et son titre (%t).
"/home/thy/wav/Synapscape/Positive pop - 2001/01 - Ammunition.wav"
Bien entendu vous pouvez souhaiter ne pas créer une arborescence du type artiste/album mais plutôt indiquer tout dans le nom d'un dossier unique, il vous suffira d'écrire alors
"~/ogg/%A - %y - %d/%t - %n.wav" pour obtenir
"/home/thy/wav/Synapscape - 2001 - Positive pop/01 - Ammunition.wav"
Saisissez vous bien la puissance de la chose ? La simple manipulation de ces variables vous permet de trier et classer vos morceaux exactement à votre goût, par groupe, par année de sortie ou par genre si vous le souhaitez et avec très peu d'effort, fini les séances de renommage de fichiers et de dossiers et de copie massive...
La tableau 2 vous donne les variable les plus utilisées par grip afin de pouvoir vous en sortir le plus rapidement possible.
Configuration de l'encodage
Dans "Configuration", "codage", "codeur" nous nous retrouvons en terrain connu.
Après s'être assuré de bien voir "oggenc", "lame" et "flac" dans la liste déroulante, regardons de plus près les autres champs.
La case "programme de codage" ne nous intéresse pas pour le moment, il ne s'agit que de l'endroit où se trouve l'encodeur qui sera appelé par grip.
La ligne de commande du codeur semble un peu plus complexe ( par goût du défi:intéressante), nous y reviendrons sous peu.
Nous passerons rapidement la ligne concernant l'extension, "mp3" pour lame, "ogg" pour oggenc et "flac" pour flac, rien de bien sorcier en somme.
La ligne "format du fichier codé" ne devrait pas non plus vous poser de souci, nous avons déjà étudié ensemble sa grande soeur, la seule différence est qu'ici nous parlons des fichiers finaux compressés et non des fichiers .wav, malgré son air menaçant et cryptique pour le commun des mortels vous n'en ferez qu'une bouchée.
Revenons à la ligne de commande du codeur: il s'agit des options que grip passera en arguments au programme encodeur, nous l'avons déjà fait par nous même dans une fenêtre de terminal, nous allons le refaire et même parfaire la chose grâce à l'utilisation du système de variables de grip.
Analysons la ligne proposée par défaut si nous décidons d'encoder un morceau avec Lame:
-h -b %b %w %m
-h indique à lame d'utiliser un des plus hauts niveaux de qualité
-b règle le bitrate avec la valeur numérique suivante, soit « %b » dans notre cas. Cette variable Grip est modifiable dans l'onglet codage -> options .
%w et %m correspondent respectivement au fichier d'origine et au fichier final compressé. La variable %w est définie automatiquement par Grip en fonction de ce qui a été rempli dans l'onglet « Extraction » et %m en fonction du champ « format du fichier codé » précédemment rempli.
On remarque que l'on se retrouve bien dans la configuration « [options] <infile> <outfile> » rencontrée auparavant dans l'univers de la ligne de commande.
Nous n'aurons plus qu'à remplacer les réglages par défaut par ceux que nous avions déjà utilisés pour ré-encoder le même morceau, nous n'aurons qu'à sélectionner la piste désirée et à cliquer sur « Encodage + extraction » pour cette fois découvrir nos morceaux encodés, rangés, nommés et taggués selon nos moindre désirs.
1 - La solution cheap: un baladeur MP3 d'entrée de gamme:
Dans cet exemple nous considérerons que la musique est destinée à un baladeur numérique bas de gamme, typiquement une clef USB de 128 à 512 Mo ne supportant guère autre chose que le MP3, voire le WMA.
Très abordable (rarement plus de 35 b,), ce type de solution montre vite ses limites en matière de restitution sonore, entre un environnement extérieur bruyant, une écoute au casque ne favorisant pas la distinction des détails sonores et un décodeur interne pas forcément prévu pour des audiophiles acharnés, il serait inutile de s'évertuer à créer des fichiers de très haute qualité, 112 à 160 Kbit/s nous serons amplement suffisants.
Pour des fichiers MP3 à débit variable entre 112 et 160 Kbit/s nous taperons:
-vbr -b 112 -B 160 %w %m
Et pour gagner un peu de place nous pourrons même encoder en mono:
-m m -vbr -b 112 -B 160 %w %m
Evidemment le choix des valeurs minimales et maximales de débit vous appartient, les valeurs données ci-dessus étant purement indicatives, il faut tout de même savoir que la documentation de Lame met en garde contre l'utilisation de débits supérieurs à 224 Kbit/s sur des lecteurs construits autour de la puce « MAS 3503 », à vous de tester.
Il est également bon de savoir que certains lecteurs ont quelques difficultés à gérer les débits variables, dans ce cas :
-m m -cbr -b 112 %w %m
Nous produira un fichier mono dont le débit restera strictement à 112 Kbit/s.
Et maintenant, libre à vous d'adapter tout cela à vos besoin précis.
2-Cas classique d'une écoute sur ordinateur:
Le cas qui devrait nous intéresser le plus; ici nous avons le choix entre lbarchi connu mp3 et son challenger libre Ogg/Vorbis.
Comme je préfère garder le meilleur pour la fin, nous allons commencer par le mp3 ;-)
Tout comme lbexemple précédent nous utiliserons lame et un débit variant entre 192 et 256 Kbit/s semble parfaitement indiqué, mais ici encore à vous de voir et de tester selon la qualité de votre équipement et votre acuité acoustique.
-vbr -b 160 -B 256 %w %m
Pour les perfectionnistes nous pourrons utiliser le mode ABR, qui -en plus de fixer un débit minimal et un débit maximal- permet de spécifier un débit moyen, nous resterons en 160 Kbit/s pour le minimum acceptable et 256 pour le maximum et nous spécifierons en plus un débit moyen tournant autour de 192 Kbit/s.
--abr 192 -b 160 -B 256 %w %m
le tagguage des morceaux sbeffectue à la volée et il nous sera nécessaire dbajouter quelques paramètres, que je vous ai épargné dans un premier temps pour plus de clarté, afin que lame puisse inclure les méta-données en même temps qubil compresse les fichiers. Ajoutons simplement ceci au début de la ligne pour avoir nos tags correctement renseignés.
--add-id3v2 --tt %n --ta %a --tl %d --ty %y --tn %t --tg %g
Evidemment, nétant pas limités par les capacités réduite dbun lecteur portable, il serait dommage de passer à coté de lbOGG/Vorbis, le pendant libre du mp3.
Tout comme le mp3 nous allons encoder nos morceaux avec un débit variant entre 160 et 256 Kbit/s, lboption -b, optionnelle, spécifiera le débit moyen.
-b 192 -m 160 -M 256 -o %m %w
Tout comme le mp3, ajoutons ceci au début de la ligne pour un tagguage correct de nos fichiers:
-a %a -l %d -t %n -N %t -G %G -d %y
3-Cas d'une écoute sur matériel haut de gamme ou archivage
Pour vous le mp3 est insupportable, les aigus sont écrêtés, les graves manquent de puissance et les médium sont manquent cruellement de profondeur, qubon ne viennent pas vous parler de lbOGG/Vorbis, cbest la même chose; tous sont indignes de votre équipement acoustique et de votre ouïe dbingénieur du son.
Pour vous, deux solutions: le .wav/pcm, ou si jamais une économie de 50% de votre espace disque vous intéresse: le Flac.
Contrairement au mp3 et au Vorbis, le Flac compressera sans détruire aucune information audio, vous aurez exactement le même signal sonore que si la musique sortait directement du CD.
Etant donné la constance de débit et de qualité, la seule chose dont nous aurons à nous soucier sera le taux de compression; plus nous compresserons, plus le fichier sera petit mais long à produire et inversement, moins nous compresserons, plus le fichier sera généré rapidement, avec un poids plus important en contrepartie. Nous indiquons ceci à lbencodeur par un paramètre allant de 0 à 8, 0 étant le plus rapide et 8 le plus efficace. Nous utiliserons une compression de 5 pour notre exemple, les options -f et -V sont la simplement pour effacer un éventuel fichier du même nom déjà présent et faire une vérification de travail de lbencodeur en temps réel.
-5 -f -V -o %m %w
Malheureusement pour cette fois, il nby aura pas dboption à rajouter pour renseigner les tags, leurs renseignement à la volée nbétant pas encore implémenté dans lbencodeur.
flac --best -o %o --tag=Artist=%{artist} --tag=Album=%{albumtitle} --tag=Date=%{year} --tag=Title=%{title} --tag=Tracknumber=%{number} --tag=Genre=%{genre} %f
4-Encodage d'un discours
Pour notre dernier cas de figure nous nballons pas essayer dbencoder de la musique mais un discours. Speex est un codec spécialisé dans la voix humaine, nbessayer pas dbencoder de la musique avec, le résultat serait désastreux( et nous pourrons le voir), par contre il atteint des performances en terme de compression et de minimisation des pertes que les autres encodeurs nbatteignent pas lorsqubil sbagit de traiter la voix humaine.
Les exemples de disques comportant uniquement des paroles sont rares, mais ils existent: CD destinés à lbenseignement de langues étrangères, comtes pour enfants, compilation de discours historiques ou dbémissions de radio. Sbil nous arrivait de devoir encoder un extrait sonore ne provenant pas dbun CD, nous nbaurions qubà retourner en ligne de commande pour encoder directement le fichier .wav ( Je vous conseil pour cela le tandem cable Jack/RCA - Audacity, il mbas permis de numériser une quantité incroyable de chose, du 33 tours de Dorothée à une vieille cassette 90 minutes en passant par la musique dbun jeux Game Boy) .
Concrètement, Speex nous permet de jouer sur 2 paramètres majeurs, le bitrate, que nous connaissons déjà bien, et largeur du spectre sonore de la piste dborigine. Trois valeurs sont possibles : narrow, wide et ultra-wide band, qui correspondent respectivement à une fréquence d'échantillonnage en entrée de 8, 16 et 32 Khz selon la qualité que nous souhaitons obtenir.
Tout dbabord nous allons indiquer à Grip que nous souhaitons utiliser un autre encodeur que ceux proposés par défaut et que le programme se trouve en /usr/bin/speexenc , et nous allons également lui indiquer que .spx sera lbextension à utiliser pour les fichiers Speex.
Pour un discours , en ultra-wide-band, à 18 Kbits/s ABR nous entrerons la ligne suivante:
-u babr 18 %w %m
-w indique le mode ultra-wide-band (haute qualité), nous utiliserons -w pour le wide-band (intermédiaire) et -n pour le narrow-band (basse), le reste ne nous pose désormais plus de problème, nous devons simplement savoir que bbitrate n nous servira à définir un débit constant à n Kbits/s
Cet article est parti dbun mémo écrit pour mon propre usage, étant sous Gnome ce texte sbest naturellement adressé à Grip, le front-end écrit en GTK, mais par souci dbégalité, je me devais de laisser une note aux utilisateurs de KDE et de KAudioCreator. Ce dernier, sbil possède une interface a priori différente de celle de Grip, nbimporte qui devrait pouvoir y retrouver ses marques, le principe des commandes à rentrer est le même, seules les variables changent ( et s'avèrent être plus simple à retenir), le seul défaut que jbai pu trouver par rapport à Grip est qubil ne semble pas possible à première vue de choisir son extracteur. Par contre vous nbaurez pas besoin de vous casser la tête à trouver lbemplacement des exécutables, KAudioCreator se débrouillera sans vous, notez simplement que la où Grip ne demandait pas le nom de lbencodeur dans la ligne de commande, KaudioCreator, lui, le demandera.
Rappelons nous , la première ligne de commande que nous avons tapés pour Grip
-badd-id3v2 --tt %n --ta %a --tl %d --ty %y --tn %t --tg %g -vbr -b 112 -B 160 %w %m
deviendra pour KAudioCreator
Lame -badd-id3v2 --tt %{title} --ta %{artist} --tl %{albumtitle} --ty %{year} --tn %{number} --tg %{genre} -vbr -b 112 -B 160 %f %o
Vous trouverez ci-dessus un tableau de correspondance des variables entre Grip et KAudioCreator qui devrait vous permettre de prendre vos marques assez rapidement.